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SOUFFRANCE AU TRAVAIL
Mardi soir la chaine de télévision, France 3, nous a proposé un reportage de Jean-Robert VIALLET sur un sujet qui fait la "une" de l’actualité.
Le titre, « la mise à mort du travail », très révélateur, nous laissait entrevoir le sujet mais la réalité a été plus poignante.
Cette réalité du monde du travail dont les médias ne cessent de mettre en avant………… actualité oblige !
Mais comme la réalité est souvent en décalage avec le temps on ne peut que constater l’étendue du désastre qui a pris forme et corps, il y a plus de dix ans.
Force est de constater mais sans donner de véritables solutions, le gouvernement affirme une réelle volonté d’information du grand public en diffusant ce genre de reportage à des heures de grande écoute .
Dans ce reportage poignant , la souffrance de ces salariés telle qu'elle est présentée, n’est pas l’apanage d’une fatalité mais bien d’un mal que personne n’a voulu prendre en considération à son véritable degré de gravité.
Les chiffres vus au minimum sont dramatiques. Pour augmenter leur rentabilité, 10% des hommes ont recours à l’alcool et 10% de femmes ont recours à des psychotropes.

« Certains perdent leur vie quand ils ont tout fait pour la gagner ».
Un salarié se suicide par jour en FRANCE pour des raisons de souffrance au travail.
300 à 400 morts (voire certainement plus) qui n’ont plus aucune alternative que mettre fin à leurs jours, laissant des familles entières dans la tristesse et le malheur. Toujours les mêmes situations avant-drame :
Pression incessante, peur de la faute professionnelle inventée (comme dans le reportage), isolement, même par ses camarades de travail, surcharge de travail ou misions incohérentes et toujours critiquées par la hiérarchie ou bien plus de tâches à exécuter …. .
Le regard des autres qui devient indifférent. L’isolement s’installe et la descente aux enfers commence !

Ces « patrons voyous » qui n’ont pas de scrupules à inventer des fautes professionnelles pour se débarrasser de certains employés « indésirables » emploient des méthodes qui se révèlent très destructrices au nom d’une méthode de management idéaliste qui tue.
COMMENT REAGISSENT CES VICTIMES.
- Encaisser plutôt que de combattre la violence.
- Entrer en aliénation et « travailler à sa propre destruction »
Pour le secteur privé l’issue fatale est le licenciement.
Pour le secteur public l’issue, tout autant destructrice, est la mise au placard .
Dans le premier cas, le salarié perd tout et surtout ses revenus.
Dans le second cas, le salarié continue à percevoir son salaire et ses primes mais n’a plus aucune fonction ni mission quelque soit son grade et sa qualification.
Le reportage de France 3 nous montre des salariés qui portent ces affaires devant les prud’hommes, d’autres comme ces deux cadres supérieurs portent leurs affaires devant les tribunaux. Une plainte déposée au TGI en 2004 pour harcèlement moral au travail est aujourd’hui ( 5 ans après) au point mort. Le dossier fait la navette entre le juge d’instruction et le parquet . Rien n’avance et les salariés continuent de souffrir jusqu’au moment fatal !!!
Au moment où le gouvernement veut supprimer les juges d’instruction qui ont
déjà du mal traiter des dossiers dans des temps raisonnables, comment seront traitées ces affaires quand les Procureurs remplaceront ces magistrats ?
Le gouvernement avait légiféré sur le harcèlement moral dans le cadre de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 faisant entrer cette législation à la fois dans le code du travail , le code pénal et le statut de la fonction publique .
Définissant le harcèlement moral comme « un ensemble d’agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou compromettre son avenir professionnel » .
L’ALIENATION
Pour les travailleurs du secteur public la loi de décentralisation a fortement contribué à « casser » les valeurs ancrées dans les collectivités locales où la valeur humaine était omniprésente, tout en garantissant des prestations d’un service public de qualité et de proximité.
Casser les ambiances de « clocher » pour mieux disposer des personnels et les disperser par la mobilité systématique .L’employé est un pion qui doit obéir et rentrer dans le moule dicté par la hiérarchie.
Pour les travailleurs du secteur privé, le travail à « l’américaine »réglementé par un management stressant inflige aux salariés des remises en question permanentes, des systèmes d’évaluation des personnels avec auto-critique n’incluant en aucun cas un brin d’humanisme.
« Travailler avec acharnement à sa propre destruction dans un système pervers ».
QUEL SERA LE DENOUEMENT ?
C’est là que se trouve le problème car personne à ce jour ne peut laisser entrevoir un dénouement à court terme.
Si une prévention adaptée avait été mise en place il y a plusieurs années ( assistantes sociales, Comité Hygiène et Sécurité de l’entreprise , médecine du travail , ressources humaines) on aurait pu éviter la catastrophe.
Mais là où le bât blesse, c’est que dans 95% des cas de harcèlement moral au travail avéré, c’est la hiérarchie qui est en cause.
Aujourd’hui, si on donne suite à ces plaintes de harcèlement moral on se retrouverait devant le tribunal correctionnel avec des hauts fonctionnaires, des élus administrateurs et des PDG de grandes sociétés, qui seraient appelés à comparaitre en tant que témoins à charge dans des affaires de harcèlement moral.
L’Etat ne peut plus faire la politique de l’aveugle et la justice aussi lente soit-elle ne peut plus continuer à ne pas donner suite à ces affaires.
LA SOLUTION
Légiférer sur les droits et les devoirs de l’employeur en matière de prévention sur les conditions de travail dans l’entreprise avec des mesures de comparutions immédiates pour les plus récalcitrants .On le fait pour des infractions moins graves au bon vouloir des procureurs de la République.
Encore un grand merci au réalisateur Jean-Robert VIALLET pour ce documentaire qui a osé nous montrer la vérité.
Nous ne pourrons plus désormais baisser les yeux et ne plus voir au risque de devenir complice et demain de se retrouver soi-même dans la broyeuse infernale.
Le titre du reportage « La mise à mort du travail » au-delà de la véritable détérioration des valeurs fondamentales du travail, aurait pu s’intituler « La mort au travail »
Ecoutez les gens qui souffrent, autour de vos proches, des amis, de la population. Alors certainement vous découvrirez des affaires identiques dans votre ville, oui cela existe !!!

SOUFFRANCE