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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 03:00
2011061911511261

LES CIOTADENS PARLENT AUX CIOTADENS




  Renaud MUSELIER et le PARC NATIONAL DES CALANQUES

Intervention au Conseil Municipal


Conseil Municipal de la Ville de Marseille du 17/10/2011
Intervention de Monsieur Renaud MUSELIER
Délibération Parc des Calanques

 

La délibération que nous examinons aujourd’hui marque le début du processus final de création du Parc National des Calanques.
Ce projet, soutenu par notre municipalité depuis l’origine, vise à créer autour de Marseille et des calanques, le 1er parc péri-urbain d’Europe, le 3ème parc urbain dans le monde, après ceux de Sydney (Australie) et de Cape Town (Afrique du Sud). Il s’agit de à doter notre cité d’un outil de protection et de valorisation de notre patrimoine naturel.
La période de concertation qui a précédé l’étape d’aujourd’hui a permis de préciser un grand nombre de points, notamment quant au périmètre de ce futur Parc, tant dans sa partie terrestre que dans sa partie maritime.
Dans ce cadre, le Maire de Marseille a formulé à plusieurs reprises des remarques sur les versions successives du projet de Parc.
Il est à noter que ces remarques ont toutes été prises en compte jusqu’à récemment, notamment eu égard au périmètre du coeur marin du futur Parc.
L’Etat a su faire preuve de souplesse quant aux futures dispositions régissant un Parc qui sera le tout premier à être créé aux portes d’une grande agglomération. L’Etat a beaucoup évolué aujourd’hui grâce à la concertation et au dialogue, tout comme les réponses apportées devant l’évolution du dossier.
Cela a naturellement conduit notre majorité à voter favorablement les versions successives de ce projet, au sein de l’Assemblée Générale du GIP des Calanques.
 
Pour autant, à l’heure où s’ouvre l’enquête publique, je constate que de nombreuses zones d’ombre subsistent dans le texte qui est soumis à l’avis des Marseillais.
En effet, lorsqu’on prend connaissance des avis rendus par un grand nombre d’associations, par la totalité des autres communes concernées, par les organisations professionnelles, ou par les organismes nationaux ; on est naturellement interpellés !!
À ce jour, et alors que nous entrons dans la phase finale du processus, je relève que :
- La quasi-totalité des associations de pêcheurs (prudhommies de Marseille et de la Ciotat, comité local et régional des pêches) s’est prononcée contre le projet actuel
- Les professionnels de la plaisance et du nautisme se sont prononcés contre le projet actuel
- Les fédérations sportives de voile, de sports sous-marin ou de pêche sportive se sont prononcées contre le projet actuel 
- Les clubs nautiques de Marseille se sont prononcés contre le projet actuel.

 
Toutes les communes concernées, qui ont délibéré ces derniers jours, ont fait part de réserves substantielles sur le projet actuel.
Ces communes sont toutes de la même majorité politique que celle de la Ville de Marseille.
- La Ville de La Ciotat a rendu un avis défavorable au coeur marin proposé dans le projet actuel en raison de l’augmentation des zones de non pêche et un avis défavorable, en assemblée du GIP, sur la composition du conseil d’administration.
- La Ville de Cassis a subordonné son accord à la modification du tracé du coeur de Parc sur la calanque de Port Miou et la Ville a fait siennes les revendications des vignerons.
- La Ville de Carnoux a émis des réserves sur sa participation à l’aire optimale d’adhésion, notamment parce que la commune n’est pas représentée au Conseil d’Administration et que les niveaux de participation financière des collectivités locales ne sont pas précisés.
- Les communes de Ceyreste et Roquefort la Bédoule ont demandé une modification de la gouvernance du futur conseil d’administration ainsi que le retrait de plusieurs parcelles de ces deux communes aujourd’hui incluses dans l’aire optimale d’adhésion.
- Nous avons nous aussi, la Ville de Marseille, notre mot à dire.


Le Maire des 11° et 12° arrondissements ainsi que les CIG du secteur, ont déploré que leur Mairie de secteur n’ait pas été retenue par la Préfecture comme lieu d’accueil du registre d’enquête publique alors même que le 11° arrondissement est concerné par le Parc. Il a retiré la délibération de son conseil d’arrondissement.
Le Maire de Marseille, au terme de la version v3 du projet de Charte du Parc National des Calanques, a lui-même formulé des remarques et des demandes d’éclaircissements quant à certains aspects juridiques spécifiques aux espaces maritimes du projet de Parc.
Dans cette lettre adressée au représentant de l’Etat, le Maire de Marseille soulevait plusieurs interrogations quant à la compatibilité des activités économiques et de loisirs nautiques avec les dispositions de la version 3 de la Charte, ainsi que sur l’extension des périmètres de coeur maritime et d’aire maritime adjacente.
Il n’est pas acceptable que ce courrier n’ait à ce jour reçu aucune réponse du Préfet de Région.
Seule une réponse partielle aux réserves contenues dans la délibération que nous examinons ce matin est arrivée vendredi et n’éclaire en rien les questions précises du Maire de Marseille.


En parallèle, je constate que les organismes nationaux qui ont rendu un avis sur ce projet de Charte (Conseil National des Parcs Nationaux, Conseil Interministériel des Parcs Nationaux, Autorité Environnementale) ont tous fait part de réserves sur les aménagements proposés par rapport à la loi de 2006, que ce soit en termes de périmètre, de réglementation ou de représentation au Conseil d’Administration.
Le dernier en date, celui de l’Autorité Environnementale rendu le 3 octobre dernier, soulève même le manque de lisibilité des documents soumis dans le cadre de l’enquête publique.
Elle recommande, par exemple, de préciser dès maintenant les règles applicables aux différentes activités dans le périmètre du Parc.
Ce qui sous-entend qu’à ce stade, ces règles ne sont pas encore connues du grand public.
 
Ces différents avis ont donc tout naturellement attisé les craintes.
Celles d’associations (chasseurs, pêcheurs, cabannoniers, professionnels du nautisme) qui se sont senties flouées en découvrant l’étendue de l’aire protégée, en craignant de ne plus avoir voix au chapitre dans un parc dirigé par l’État, en voyant leur territoire, entretenu jusqu’alors bénévolement, gelé par les interdictions.
Ce territoire n’est pas le leur, il fait partie du patrimoine de Marseille. Mais si on peut parler de Parc, c’est en grande partie grâce à eux et il faut en tenir compte et les remercier.
Je ne suis pas sûr que ces craintes soient toutes fondées. Je dis qu’il faut les
entendre, et qu’il faut s’attacher à y répondre de la manière la plus précise, la plus claire et la plus transparente possible.
Car on ne pourra construire le parc sans les marseillais ni contre les marseillais.
Car il faut construire ce Parc pour les Marseillais et avec les Marseillais. 

 

Mes chers collègues,
Pour être accepté, le Parc National doit prendre en compte les réalités sociales et économiques du territoire.
Je suis bien conscient de tout le travail qui a déjà été mené jusqu’à présent sous l’autorité de Guy TEISSIER et qui a permis d’avancer. Et je lui rends hommage car c’est particulièrement difficile.


Mais je constate que beaucoup de Marseillais continuent de s’inquiéter de voir cet espace exceptionnel devenir une rade sans vie, un sanctuaire déshumanisé dont ils seraient exclus.
Est-ce vrai ? Est-ce une rumeur ? En tout cas, la crainte est présente.
Je constate qu’un sentiment d’injustice se fait jour dans le coeur de ceux qui avaient jusque-là protégé, avec jalousie et précaution, ce temple de la nature.
Est-ce vrai ? Est-ce une rumeur ? En tout cas, la crainte est présente.
Je constate que beaucoup, dont les élus appellent à une clarification de la gouvernance du Parc, et s’inquiètent de devoir subir une gestion technocratique, relevant essentiellement de l’Etat et non plus des collectivités ni des associations.
Est-ce vrai ? Est-ce une rumeur ? En tout cas, la crainte est présente.
Je constate que, malgré plus de 10 ans de gestation, les réponses apportées à ces inquiétudes sont insuffisantes et que la rumeur enfle car les craintes et incertitudes persistent.


Est-ce vrai ? Est-ce une rumeur ? En tout cas, la crainte est présente.
Je constate que des voix s’élèvent depuis des mois et ne se taisent pas, et cela m’inquiète.


Mes chers collègues, je partage moi aussi l’inquiétude de ceux qui craignent d’être broyés par une machine bureaucratique.

Car malgré ma position politique, malgré une solidarité gouvernementale et municipale sans failles, on ne me répond pas.
Alors, je ne peux me résoudre à passer sous silence toutes ces protestations, toutes ces craintes, tous ces doutes, toutes ces interpellations, malgré ma volonté de voir aboutir vite ce dossier.
C’est un dossier important pour la ville de Marseille, pour nos citoyens marseillais aujourd’hui et pour nos enfants demain.


Mes chers collègues, je me suis longuement interrogé sur la séance d’aujourd’hui.
Faire retirer cette délibération, ce serait une faute politique, elle ferait prendre encore plus de retard.
Refuser de prendre part au vote ?
Certainement pas ! Ce n’est pas dans ma culture politique d’esquiver le débat et de ne pas prendre position sur des enjeux aussi essentiels.
Quand on est élu de la République, on s’exprime, on assume, et on explique publiquement ses positions.
Si certains modifient leur vote lors des séances plénières à la Ville de Marseille ou à la Communauté Urbaine MPM concernant le débat sur la métropole, nous ne faisons pas partie de cette catégorie d’élus.
Certains nous poussent à voter contre le projet de Parc National des Calanques ? Bien sûr que non !
Il nous le faut ce Parc !
Il n’est pas question que Marseille soit un cimetière des projets.
J’ai confiance dans notre capacité collective à améliorer ce projet, à le rendre lisible et acceptable par tous, à lui donner toutes les chances de réussite.
J’ai une confiance absolue dans la volonté de Guy TEISSIER de parvenir à un juste équilibre.
Le Parc est un réel atout pour la Ville de Marseille, malgré les tensions importantes et les difficultés, il nous faut ce Parc.
Mais comment voter oui aujourd’hui ?
Ce serait tourner le dos à tous les concitoyens qui nous interpellent.
Ce serait donner un chèque en blanc à l’administration.
Et cela je ne peux m’y résoudre.
Beaucoup de Marseillais veulent le parc, mais en même temps ceux qui connaissent le dossier crient leur inquiétude.
Ils savent que le diable se cache dans les détails.
Ils savent que les bonnes intentions c’est une chose mais que la réalité est souvent tout autre.
Il faut donc sortir de ce dilemme. 

 

 

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            bloglaciotat@yahoo.fr

 


2011071218341051 

Renaud MUSELIER.

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Published by Renaud MUSELIER. - dans politique
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